Jeudi 4 Mai 2006

Pour Souad, A weltma fehm-agh-kem
Ma petite soeur, je tenais à te voir pendant les deux heures où je suis venu voir Khalti. Je t'ai vue. J'ai serré dans mes bras la petite fille de cinq ans que j'ai trouvée, un soir, déjà au lit. Tu t'es levée dans la pénombre, les yeux agrandis à la vue du cadeau que je t'ai ramené de France. Tes yeux luisaient de joie de me voir et d'impatience à ouvrir le paquet. En effet, dans le hall de l'aéorogare d'Orly, j'avais pensé à toi et t'ai acheté une poupée. Tu étais le seul enfant. Je ne peux parler de toi à l'imparfait cartu étais la part fée de Khalti. Tu as due être choyée, toute petite, mais le temps a passé, beaucoup passé. La vie et une juste, la vie et injuste. On ne vit que si l'on ne le mérite. Le pays a changé. Je comprends. De l'argent partout. La télé a envahi les demeures. Qui ramènent des filles délurées danser au-dessus du kanoun que les flammes ont déshérté. C'est dur de se sentir inutile. Dur d'avoir toujours le sein creux. Dur de supporter le printemps. Dur d'être jeune fille au village dans un corps de 30 ans. Un corps que nul regard tendre ne vient visiter. Une main? Peut-être, celle du frère. Il n'y a d'avantage chez un frère qu'en présence d'un mari. Les femmes de tes frères sont plus jeunes que toi. Plus belles aussi ? Tu crois ? Si tu le dis. Je ne peux que te croire. Tu n'as jamais su mentir. Je t'ai vue cinq minutes d'août de ton dernier été. Je tenais à te voir, à enlacer le petit ange. Qui dirait que ça allait être pour la dernière fois? . D'ailleurs pourquoi plus ? La vie est dure, tu le sais maintenant. Personne ne t'a comprise. T'es-tu au moins exprimée ? Tu l'aurais fait que tu ne trouvais pas tes mots, t'auraient-ils écoutée qu'ils n'avaient plus d'oreilles. Moi, tu sais ? Je te comprends. Le soleil était trop fort à ton goût. Tes frères avaient de la chance. Normal, pour les garçons. Mais des filles comme toi ! Seule l'innocence meurt. Seule l'innocence vit après ! La vie est cruelle. Que faire contre ? Tu l'as trouvé. Mais seule la vie meurt. Alors, toi seule étais vie. Qim di lahna. Tu étais courageuse. Ak-em yerhem rebbi. Toi au moins tu es là-bas et tu y resteras.
Tu as de la chance. Tu sais ? Chance d'avoir eu ce courage. Oui, c'est du courage, une fierté de rejeter cette vie qui s'impose.
Dur de travailler dans ce salon de coiffure. Tu en as vu des têtes mais personne n'a su voir la tienne. Tu n'en étais pas de celles-là. Tu voyais des filles heureuses, le rire aux éclats, les robes étincelantes, venir se faire belles pour leur mariage, pour celui des autres. Tu sais que pour d'autres, le mariage est la pire des choses que la vie peut réserver? Pas pour toi? Oui tant qu'on est célibataire. Tans qu'on est jeune. Tu tenais leur chevelure entre tes mains. Elles te racontais leurs projets. Tu voyais le temps passer. Tu ne faisais que voir et personne ne te voyait. Oppressée au village, oppressée à ton travail, oppressée par ton corps. Tu avais toujours gardé ton air innocent. Innocence oppressée de toutes parts. Je n'ai pas su voir le désespoir dans ton rire. Car il était franc, car tu m'as ri. Tu étais contente de me voir. Moi aussi. Tu m'as donné espoir dans la vie. J'ai revu la jeune fille et, pour moi c'est comme si le temps a été figé. Je me sentais l'âge où tu avais cinq ans. Moi j'avais vingt cinq. On t'a sûrement dit des choses, le soir, à la maison. Tu as sûrement pensé à moi. Je le sais. Je suis venu comme un voleur mais je tenais à te voir. Je ne voulais être vu de personne. Personne à l'extérieur ne m'a vu. La voiture de ton frère s'était avancé jusque Tabburt Bw Afir. Il voulait... j'ai refusé. Je suis monté à la terrasse d'où j'ai vu Axxam qui semblait s'enfoncer sous terre. Un poteau métallique est venu se poser devant cette porte, comme pour la narguer et lui rappeler que le jour où des mains l'ouvriront ce sera pour l'enlever, la jeter. Par ceux qui viendront en frères ! Bien sûr des frères ... Les tiens ne te voulaient pas de mal. Eux, maintenant, te regretteront. D'autres te plaindront et feront de même à leur soeur. Car la leur n'est pas toi, n'est pas de ton çof.., Encore qu'elle aurait ton prénom, ton âge... Un prénom juste à gourmander le corps porteur, tes yeux? Qui regarde les yeux ? Dieu qu'il s'agissait juste de paroles. Des paroles qui font de nous les humains... Des paroles à profusions qui sortent comme les balles qui percutèrent la tôle, des regards fats, des yeux ardents... Le bâti s'élance et tu te sentais sans toi.

La maison s'est élancée vers le ciel, pour les autres. Tu te sentais un poids pour eux. Mais pas pour ta mère. Que pouvait-elle? Je te comprends. Il fallait que tu arrêtes. Et tu as arrêté. C'est dur de voir venir le printemps. Courage ? oui. Peut-être... Je n'ai même pas ta photo.
Des grelots dans la tête, le coeur qui s'affole, les pieds qui lâchent, le corps qui fond... Comme on voudrait qu'elle vienne, cette fin paresseuse. Cette fin qui ne veut ne vouloir finir. Tu as eu ce courage. D'autres l'appelent lâcheté. Non. Car il faut ce courage pour mettre fin à cette lâcheté de tenir à ce qui rejette. Courage de ne plus être lâche... On part car on aime la vie, la vraie, l'unique. Celle qu'on aurait aimé qu'elle fût. Celle qui existe tout près. Une vie à portée de souffle...
La terrasse était haute. Des piliers en fer s'élancent vers le ciel. Des cordes et pour y monter des sacs de ciment et des briques jonchent le sol. Il y avait aussi des cordes. J'y suis monté car on tenait à me montrer la vue. Comment es-tu arrivée? Toute seule? Je ne te croyais pas capable.
Ma dkimini xdem negh qim
hhed ur k m issin
ala taêbbut km-id yessâan
Zzr-igh-km-id gwnebdu
ahhudd ahhunnu
ach hal ferhh-egh dayen kan
"Oui c'est bien cela la vie. Il y a des flammes qui jaillissent, montent, montent, illuminent tout. Il en est qui s'éteignent ou qui fument désagréablement..." alors on éteind...
Tu sais, j'en sais plus sur ce qui t'est arrivé. C'est dramatique. Comment peut-on faire ça? Je te comprends fort bien. Repose-toi maintenant, plus personne ne pourra t'atteindre là où tu es maintenant. Tu es plus haut.
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Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Louange à Allah, Seigneur de l'univers.
Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Maître du Jour de la rétribution.
C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.
Guide-nous dans le droit chemin.
Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.
صدق الله العظيم
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Tu es partie au printemps, Mai...
Commentaires
Re Azul Siham
Es-tu du village Amazoul exactement ?
Merci de ta réponse.
Tanmirt
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azul , bon je suis de la région de amazoul .
ylis taderth la voissine nwen .