Mercredi 30 Août 2006

Mon Alégérie 

   

Azul fel-am a tamurt n lejdud-iw

 عليك مني السلام يا ارض اجدادي 

Tamurt aâzizn am laâmerr
M ikm dj-igh ulach sberr
Ctaq-egh war akm iwalin

T cedha titt akm tzzerr
     Akn ad yethedden lxatter
Ala kem ulach wis sin
 


la voix de la terre natale
d ldjennet ur n uklal
  (paradis inaccessible)

Mourir en son pays ou chaque jour renaître !  

 

 

La terre et le sang
Mouloud Feraoun [8 Mars 1913-15 Mars 1962]

-Oh! Amer, notre terre n'est pas méchante. Nous en sortons et nous y retournons. C'est tout simple. Elle aime ses enfants. Quand ils l'oublient trop, elle les rappelle. Cela aussi, tu le sais ; n'est-ce pas?

-Oui, tu comprends à quel point ils sont à plaindre, ceux qui sont morts, étrangers, dans une terre où ils ne trouveront rien et sur laquelle personne des leurs ne passera.


Dans ses rêves de jeune fille nubile, elle avait désiré autre que Slimane. C'était une fleur pleine de sève un peu âcre, pas trop éclatante mais parfumée à donner l'ivresse. Elle-même était ivre de jeunesse et de désir.

Au milieu de Tighezrane, baignant leurs racines dans l'eau, les orangers formaient un bosquet presque noir. Les orangers étaient en fleurs et sentaient bon.

-Vois-tu, Madame, leurs longs cils, leurs cornes bien fines et bien recourbées? Ils sont pleins de grâce, n'est-ce pas? On nous les envie dans le village.
- Et bien dressés, ajoute Slimane. Ils n'ont pas besoin qu'on les mène par l'oreille. J'attelle le droitier, le gaucher vient de lui-même se placer sous le joug.
- La gandoura de femme ne les effarouche pas. Quand je leur change la litière, je passe sous leurs ventres. Ils me connaissent : ils ont mangé dans ma main. Et les animaux, tu sais, Madame, ce n'est pas comme nous. Ils ne mordent jamais la main qui les nourrit ou qui les caresse.
Madame ne répondit rien mais admira le bon sens de Chabha.

Les fellahs aiment leurs boeufs et les gâtent. L'homme, la femme et les garçons disent  "notre paire", s'occupent de "leur paire" en parlant avec amour et orgueil. Les boeufs ont des colliers tressés par les filles ; les garçons les mènent boire à la meilleure source, leur trouvent le meilleur endroit pour paître; l'homme, à la charrue ne ménage ni sa science, ni ses muscles, il se réserve loyalement sa part d'effort, il n'est tranquille que s'il se juge plus fatigué que ses bêtes. Alors, il est  sûr de les avoir ménagées et il est content. La mère veille sur leur nourriture, à la maison, ne leur laisse aucun répit, se lève la nuit pour tâter leurs crèches.

Notre terre est modeste. Elle aime et paie en secret. Elle ne veut même pas de mains qui prétendent l'embellir. Elle n'a que faire d'allées bien droites et ratissées, de fleurs étrangères, de clôtures rectilignes et barrières de menuisier. Sa beauté, il faut la découvrir et pour cela il faut l'aimer.

Il se laisse fasciner par une petite flamme qui danse entre deux braises, hésitante, diaphane comme un voile de fantôme, plein de mystère et de caprice, car tantôt elle se précise et enveloppe avec gourmandise un reste de tison, tantôt ses vains efforts ne produisent qu'une petite spirale de fumée et il constate alors qu'il y a un peu plus de cendre sur les braises. Oui c'est bien cela la vie. Il y a des flammes qui jaillissent, montent, montent, illuminent tout. Il en est qui s'éteignent ou qui fument désagréablement mais, en fin de compte, la cendre laineuse recouvre les braises, la ménagère recueille une louchée de poussière blanchâtre et remplit de bois sec son kanoun pour un nouveau feu, de nouvelles flammes, une nouvelle cendre.

Amer se tenait dans l'embrasure de la porte qu'il obstruait de sa masse, le béret touchant le cadre, les pieds légèrement écartés dans une attitude indécise. Il restait ébahi, les yeux rivés au visage de chabha qu'il croyait connaître et qui lui révélait maintenant des charmes, insoupçonnés sous cette pâle lueur de la petite veilleuse tremblotante. ...Elle était là, tout près de lui.... ses yeux pouvaient la détailler, la soupeser, la dévêtir de son unique gandoura de cotonnade claire et piquetée de fleurettes bleues, sans fouta, ni ceinture, n'ayant que le petit ruban tressé pour maintenir sa robe autour de ses hanches sinueuses.

...il serait ensuite parti, la laissant rêver à son aise, le coeur plein de son image, du son de sa voix, d'un amour impossible et jalousement secret.
...il lui semblait que son coeur était largement ouvert et que tous ses sentiments s'étaient répandus à travers son corps qui s'en trouvait tout imprégné. tout son corps vibrait, palpitait d'un mélange de joie et de tristesse, de colère et de douceur. Elle avait envie de rire et de pleurer à la fois. Elle se sentait en même temps légère et prête à défaillir, à sombrer dans un engourdissement sans fin.
Ils marchaient silencieux comme leur ombre. Lorsqu'il traversèrent la djema, elle dut courir un peu, pour le rattraper, et se plaça à coté de lui... ...L'ombre noyait les maisons et s'arrêtait d'un coté au ras des tuiles. tous les portails étaient clos. Les gens dormaient. Chabha ralentit le pas. Il la toucha presque. Il ne songeait à rien, lui. Elle s'arrêta, saisit de sa main brûlante celle d'amer et la porta à ses lèvres. Il n'eut pas le temps de faire le plus petit geste : elle se jeta à son cou et l'embrassa.

Certaines femmes pour ainsi dire, n'ont pas de maître, soit qu'elles n'aient personne à craindre, soit qu'elles dominent leur mari, sont vraiment redoutées. On les ménage, elles se permettent de ne pas attendre leur tour pour emplir l'amphore, ont leur franc-parler et règnent sur les lieux. elles sont de toutes les bagarres.

Ils aimaient à se coucher tard, attendre la minuscule cafetière de fer-blanc toute noircie, ne contenant pas plus de deux tasses. L'un ou l'autre pouvait la surveiller, y mettre la dose de poudre minutieusement mesurée, verser le café épais dans les deux tasses craquelées et sans anses. Ils buvaient avec précaution, reniflant les vapeurs, aspirant goutte à goutte et faisant claquer la langue de satisfaction. Ils savaient qu'il s'agissait d'un luxe et que ce luxe leur était accordé.

- J'allume? souffla-t-il.
- Non. Tout à l'heure.
Il devint brutal, la serra à l'étouffer. Ah! La détruire comme, dans un excès de colère, on détruit un objet précieux et cher. Une destruction totale qui apaise l'âme. Il ne réussit qu'à l'exciter. Il eut l'impression qu'elle se révélait à lui, pour la première fois, qu'elle se donnait tout entière. C'est ainsi qu'elle devait faire avec l'autre. Lorsqu'ils allumèrent, elle répondit à son regard chargé de haine par un regard de défi et une moue diabolique, une moue irrésistible, qui faillit le jeter sur elle une seconde fois. De sa gandoura sans manches sortaient ses bras lisses aux lignes pures. En haut du bras gauche, près de l'épaule, une tache se dessinait toute rouge.

Pourtant elle ne s'était aperçue de rien. Elle n'attendait pas Amer. Lorsqu'elle l'avait vu devant la porte, elle s'était troublée, bien entendu. Elle songea surtout que des raisons sérieuses l'amenaient, ainsi, la nuit, et attendit une explication valable. Il serait ensuite parti, la laissant rêver à son aise, le coeur plein de son image, du son de sa voix, d'un amour impossible et jalousement secret.

La fontaine ressemble à une petite kouba avec son dôme tout blanc soutenu par trois piliers de briques. Elle a été aménagée récemment. L'intérieur est cimenté et propre. Deux gros robinets étincelants remplissent deux cruches à la fois. Elle est située à quelques mètres du chemin; un petit sentier y mène, creusé en fossé, bordé de ronces, ombragé de grands figuiers.

Le champ était bien travaillé, certes. Ils le revoyaient après sa toilette, comme une personne bien rasée qui se prépare à la noce. Une noce de printemps fleuri. Les figuiers qui avaient été taillés l'hiver, faisaient jaillir des pousses vigoureuses, bien brunes. Au-dessus de chaque feuille, un petit enflement, un gros grain de couscous, comme nous disons, promettait la figue de juillet.

Ce couple qui a quitté la France et qui entre dans ce misérable village de Kabylie, quel passé étrange laisse-t-il derrière lui? La voix de la Terre natale a fini par atteindre Amer qui revient parmi les siens. Sa femme l'accompagne et c'est une jeune parisienne que la vie a meurtie. L'espoir d'une existence neuve emplit ces deux coeurs, mais Marie ne se doute pas que ces montagnes, qui lui ferment l'horizon ne s'ouvriront jamais plus pour elle. A Ighil-Nezman, un village comme il y en a tant sur les crêtes sur le Haut-Pays kabyle, Marie ménera une vie paisible de recluse enviée. Mais Amer s'éprendra follement d'une autre femme et la tragédie se nouera, violente, sauvage, dans le décor de ces montagnes peuplées d'hommes rudes et fiers, au coeur de ce monde berbère qu'ignore l'Europe, et dont Mouloud Feraoun nous révèle la vie la plus secrète. 
Préface d'Emmanuel Roblès
de l'Académie Goncourt 

 

Agur d yetri

 نجمة و هلال

Lune et croissant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

publié par Mohand dans: muhendz
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Commentaires

bonjour a da mohend said


je nest pas de tes nouvelles depuis longtemps ,jespere que tu va bien


je rentre de vacance,avant hier jètè a amazoul,il y

Commentaire n° 1 posté par: lyazid nemhenna namara le 28/08/2007 - 17:14:23

bonjour


comment va tu a da mohend said?


jespere que tu va bien


je suis rentrè aujourdhui de vacance


beaucoups de gents te passe le bonjour.

Commentaire n° 2 posté par: lyazid le 28/08/2007 - 17:17:02

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